Toshio Masuda, le réalisateur des films Yamato, est mort à 98 ans
Cinéaste de studio passé par le film d’action et le film de guerre, il avait porté au cinéma la saga du Cuirassé de l’espace et contribué à lancer, à la fin des années 70, le premier grand engouement du Japon pour l’animation en salle. Sa mort, survenue le 26 août, n’a été rendue publique qu’à la fin septembre.
Par Elthiria · · 1 min de lecture
Toshio Masuda est mort le 26 août de vieillesse, à l’âge de 98 ans, ont rapporté les quotidiens Mainichi et Yomiuri les 25 et 26 septembre. Né à Kobe en 1927, il avait fait l’essentiel de sa carrière de cinéaste au studio Nikkatsu, de 1954 à 1968, avec une série de films d’action et de polars devenus des classiques du genre, comme Rusty Knife ou Red Handkerchief. On lui doit aussi, avec Kinji Fukasaku, les séquences japonaises de Tora! Tora! Tora! en 1970. Au total, il a signé plus de quatre-vingts films.
Son nom reste pourtant attaché à l’animation. En 1977, il réalise Space Battleship Yamato, le long métrage tiré de la série télévisée de Leiji Matsumoto et Yoshinobu Nishizaki. L’année suivante, Farewell to Space Battleship Yamato, qu’il réalise et coécrit, triomphe en salle. Il reste aux commandes jusqu’à Final Yamato en 1983 et supervisera encore Yamato Resurrection en 2009. Ces films ont largement contribué au premier grand boom de l’animation japonaise au cinéma, celui qui a convaincu les studios que des adolescents et des adultes paieraient leur place pour un dessin animé.
Ce que Masuda apportait tenait à son métier d’origine. Il filmait les batailles spatiales comme des batailles navales, avec la gravité des films de guerre qu’il connaissait, et il n’avait pas peur du mélodrame ni des sacrifices qui marquaient durablement le public. Cette manière de traiter l’animation comme du cinéma à part entière, sans rien édulcorer, a ouvert la voie à bien des sagas qui ont suivi.
En France, où la saga Yamato est restée bien plus confidentielle que l’Albator du même Leiji Matsumoto, son nom dit peu de chose. C’est une injustice que le catalogue permet de réparer : ses films se regardent encore aujourd’hui, avec leur lyrisme sans complexe, comme le témoignage d’une époque où l’animation japonaise découvrait qu’elle pouvait remplir les salles.
Sources : Anime News Network, Nikkei.