March comes in like a lion
Rei Kiriyama a dix-sept ans et vit seul dans un appartement de Tokyo, au bord de la rivière Sumida. Joueur de shogi professionnel depuis le collège, il porte le poids d'une enfance brisée : orphelin après un accident, il a été recueilli par un maître du jeu dont la famille adoptive lui est devenue étrangère. Silencieux, épuisé, il traverse ses journées entre les parties officielles et un lycée où il ne trouve pas sa place. Sa rencontre avec les trois sœurs Kawamoto, Akari, Hinata et Momo, qui tiennent une petite boutique de confiseries, lui ouvre une maison chaleureuse et un semblant de famille choisie. Autour de lui gravitent des rivaux truculents et des adultes attachants, du bruyant Nikaidô au redoutable champion Sôya. Récit d'apprentissage tout en nuances, la série observe la dépression, la reconstruction et la solitude des salles de jeu.
Bande-annonce
L’avis de la rédaction
Shaft applique à cette chronique intimiste la grammaire qu'on lui connaît ailleurs, cadrages extrêmes, surimpressions, décors mentaux désertés, et c'est là que tout se joue. Nous tranchons en sa faveur : ces excès ne décorent pas la détresse de Rei Kiriyama, jeune professionnel de shogi orphelin et sans attaches, ils la rendent visible là où la sobriété l'aurait laissée muette. Le revers est net, les ruptures comiques, braillardes et appuyées, cassent une tension que la mise en scène met de longues minutes à bâtir, et ces vingt-deux épisodes exigent une patience réelle. Certains y lisent le désordre même de l'adolescence, d'autres une œuvre privée d'unité, et les deux lectures tiennent. Pour amateurs de drames lents et de personnages abîmés.