Frieren: Beyond Journey’s End
Après dix années de quête, la troupe du héros Himmel a terrassé le Roi-Démon et rendu la paix au royaume. Pour l'elfe Frieren, mage millénaire au tempérament impassible, cette décennie n'a été qu'un bref moment parmi tant d'autres. Lorsqu'elle revient saluer ses anciens compagnons, le prêtre Heiter et le nain guerrier Eisen, elle mesure enfin ce que le temps a fait des vies humaines, et découvre qu'elle n'a jamais vraiment cherché à connaître ceux qui l'accompagnaient. Elle reprend alors la route vers le nord, escortée de Fern, jeune apprentie sérieuse et exigeante, puis du guerrier Stark. Leur voyage tient moins de l'épopée que de la flânerie attentive : collecte de sorts anodins, villages traversés, souvenirs exhumés. Le récit avance à pas lents, mêlant humour discret, mélancolie et réflexion sur la mémoire et la brièveté de l'existence.
Bande-annonce
L’avis de la rédaction
Frieren prend le contrepied du récit d'heroic fantasy en s'ouvrant là où les autres s'achèvent : le démon-roi est vaincu, la fête est passée, et l'elfe magicienne du groupe découvre que ses compagnons humains, eux, vieillissent. De ce postulat mélancolique, Madhouse tire une série d'une justesse rare, portée par une mise en scène qui ose le silence, des arrière-plans somptueux et une bande originale d'Evan Call parmi les plus belles de la décennie. Le rythme, volontairement contemplatif, demande de la patience : ceux qui viennent chercher des combats spectaculaires devront attendre la seconde moitié, et le pittoresque des scènes d'examen tranche parfois avec la douceur de l'ensemble. Une réussite majeure sur le deuil et la mémoire.