86 EIGHTY-SIX
La République de San Magnolia affirme mener une guerre sans pertes humaines contre les drones autonomes de l'Empire voisin, grâce à des engins télépilotés. Ce discours officiel dissimule une réalité sordide : les machines envoyées au front sont pilotées par des adolescents, les « Quatre-vingt-six », citoyens déchus de leurs droits en raison de leur apparence et parqués hors des murs de la capitale. Lena, jeune officière issue de l'élite privilégiée, prend le commandement à distance de l'escadron Spearhead, mené par un combattant taciturne surnommé Undertaker, de son vrai nom Shin. Elle croit pouvoir traiter ses subordonnés en égaux, mais découvre peu à peu l'abîme qui sépare son confort du quotidien de ceux qui meurent pour elle. Le récit alterne les deux points de vue et interroge le racisme institutionnel, la mémoire des morts et le prix du déni collectif.
Bande-annonce
L’avis de la rédaction
Adapté du roman d'Asato Asato, 86 Eighty-Six frappe d'abord par son dispositif : une république qui prétend mener une guerre « sans morts » en envoyant au front une minorité qu'elle ne reconnaît plus comme humaine, et une jeune officière qui commande à distance, par la voix seule, une escouade qu'elle ne verra jamais. Cette séparation nourrit une tension morale rare dans le mecha, entre culpabilité confortable et lucidité amère. A-1 Pictures soigne la mise en scène, portée par la musique de Sawano. On pourra regretter un rythme parfois étiré et une allégorie appuyée, mais l'émotion, elle, atteint sa cible.