Cowboy Bebop
En 2071, l'humanité a colonisé le système solaire après une catastrophe qui a rendu la Terre presque inhabitable, et la criminalité prospère entre les colonies. À bord du Bebop, un vaisseau fatigué, une petite équipe de chasseurs de primes court après les avis de recherche pour payer son prochain repas. Spike Spiegel, ancien membre d'un syndicat criminel, cultive une nonchalance qui masque un passé douloureux ; Jet Black, ex-policier d'Ganymède, tient la barre et la cuisine ; Faye Valentine, joueuse endettée et mémoire trouée, s'invite sans prévenir ; Edward, hackeuse enfantine et déroutante, complète l'équipage avec le chien Ein. Chaque épisode fonctionne comme une nouvelle autonome, mêlant fusillades, humour désabusé et mélancolie, portée par une bande-son jazz et blues qui donne à cette errance spatiale des allures de film noir. Les fantômes du passé rattrapent lentement chacun des personnages.
Bande-annonce
L’avis de la rédaction
Vingt-cinq ans après, la série de Shinichirō Watanabe garde une élégance rare : celle d'un space opera crapoteux qui préfère le jazz à l'épopée, et le vide intérieur de ses personnages aux grandes batailles spatiales. Spike, Jet et les autres traquent des primes de système en système, mais l'essentiel se joue ailleurs, dans les silences, les cigarettes et une mélancolie que la partition de Yoko Kanno porte magnifiquement. La construction épisodique autorise tous les registres, du burlesque au film noir, avec une maîtrise de la mise en scène qui force encore le respect. Le revers : cette liberté de ton produit quelques épisodes anecdotiques, et l'ensemble demande de la patience à qui attend une intrigue continue. Une œuvre d'adultes, sans complaisance.